samedi 31 juillet 2010

Dans les yeux

Juin 2010.
"Marquise, vos beaux yeux d'amour mourir me font."

Molière, Le Bourgeois gentilhomme.

jeudi 29 juillet 2010

à corps et à cris


au Sud, avril 2010.

Vous les entendez, non? Vous les voyez, non? Toutes ces figures attachées à l'arbre et qui dressent leurs doigts vers le soleil en un signe éperdu de désir d'échapper aux branches qui les moulent et les retiennent. Le corps noué aux branches, tandis que les mains cherchent la lumière du soleil et crient. Muette supplique de l'âme.

dimanche 25 juillet 2010

mère Tuck

Bruxelles, Juillet 2010.

à choisir, on préfèrerait le rôle de Marianne, tombée dans un guet-apens bien plus charmant... Vivement que Robin sorte du bois et nous sauve du joug...

samedi 24 juillet 2010

Les rêves bleus

Chagall, La vie, Fondation Maeght, été 2009.

vendredi 23 juillet 2010

Joyeuses bulles...

Homme aux bulles de savon, Petticoat Lane, Middlesex street, Whitechapel Londres, 1952
Voici venir le temps des vacances et des rêveries peut être. Le temps de buller un peu ?
Celles ci sont pour toi, lumineuses, aériennes et si fragiles. N'essaie pas de les retenir, laisse les vivre leur vie de bulles, lève les yeux, elles seront à toi dans l'infini espace du dedans.

mercredi 21 juillet 2010

Le premier qui l'a dit

Un film sur les gays et le coming out ? En surface, oui. Le film que signe Ferzan Ozpetek me laisse pourtant l'impression étrange de porter sur bien autre chose. L'identité, la recherche de soi, les choix de vie, les regrets du courage que l'on n'a pas eu, le poids de ce qui contraint à maintenir coûte que coûte les normes sociales et familiales, la culpabilité, le désir et le doute. Parfois le visage de Tommaso vacille sous la caméra et l'on sent que le personnage pourrait basculer vers d'autres identités si elle s'attardait davantage. Et dans cette histoire de famille, de chemins et de vies qui se croisent et ressurgissent, il y a d'abord au bord de l'écran tout ce qui attache, tout ce qui pèse, toutes les contradictions d'hommes et de femmes prisonniers d'eux mêmes. Très beau portrait de femme âgée, comme une figure tutélaire qui porte le sens et sonne le glas du silence imposé dans une ultime et dérisoire transgression cathartique. Pas parfait, non, des lourdeurs parfois dans l'écriture, mais la lumière des Pouilles l'illumine constamment, le baigne et vibre longtemps. Envie d'Italie.

En cage


lundi 19 juillet 2010

Propos sur le bonheur

"Pour Aristote, le but de l'existence est "l'activité qui réussit" ou le bonheur, qui est selon lui inséparable du plaisir, bien que différent de celui-ci. Mon malheur ne bénéficie à personne (...) Mais peut être que le bonheur - cet état de satisfaction globale, où l'on possède tout, y compris la musique - résulte d'un apprentissage. En tout cas, je n'ai certainement pas appris à le connaître dans cette maison. Peut-être que je ne l'ai pas cherché, je ne me suis pas autorisé à le percevoir. (...)
Et pourtant, les rideaux en velours, le fromage à pâte molle, les satisfactions du travail, les garçons qui courent à en perdre haleine - tout ça ne suffit pas. Et lorsque ça ne suffit pas, eh bien ça ne suffit pas. On ne peut pas s'en contenter. C'est notre imagination qui façonne le monde; nos yeux lui donnent vie, nos mains lui donnent forme. Le désir le revigore; le sens est ce qu'on y met, pas ce qu'on en tire. On voit seulement ce qu'on a envie de voir, et pas davantage. Nous devons créer le nouveau."


Hanif Kureishi, Intimité.

jeudi 15 juillet 2010

mère courage

Port de Dunkerque, avril 2010.

Elle s'appelait Annie. Presque jeune encore dans un tout petit corps rongé par la vie. Cinq enfants à faire grandir et à nourrir, seule. Un travail qui fait vivre. Un travail précaire pour un petit salaire. Des yeux brillants et de la gouaille. Le verbe haut, sourire soleil. Plein de plans B pour vivre. Elle glane, elle pêche. C'est comme ça qu'elle les régale. Elle râle, elle rit, elle vit pour eux. Elle court et se donne sans compter. Elle raconte les années. A tenir bon contre vents et marées. En oubli des soucis, de la fatigue, des malheurs. A courir pour des heures. Pour du travail. En oubli d'elle. A compter tout ce qu'elle peut glaner pour eux. Elle est maigre, vive, frêle, gaie, triste, les bras tendus devant pour ne pas perdre. Elle tombe. Se relève, boîte, court encore. Tendue comme une corde. A se rompre. Et sa course à gagner l'entraîne devant, l'emporte, elle, si légère. Un coeur gros comme ça dans la poitrine qui s'emballe parfois et renâcle. Un coeur qui ne bat plus ce soir.

Le coeur gros, annie.

vendredi 9 juillet 2010

Pari Plage


Pour tous ceux que la plage nargue de son air lointain, comme un bonheur qui glisse entre les orteils, livré aux jeux du vent rieur. Dans le sillon d'une machine impassible, retenir un peu de sable séché dans la paume.

lundi 5 juillet 2010

De l'inconvénient de ne pas être une tortue

"Il n'existe pas de vie complète, seulement des fragments. Nous sommes nés pour ne rien avoir, pour que tout file entre nos doigts. Pourtant, cette fuite, ce flux de rencontres, ces luttes, ces rêves... Il faut être une créature non pensante, comme la tortue. Etre résolu, aveugle. Car, tout ce que nous entreprenons, et même ce que nous ne faisons pas, nous empêche d'agir à l'opposé. Les actes détruisent leurs alternatives, c'est cela le paradoxe. De sorte que la vie est une question de choix - chacun est définitif et sans grande conséquences, comme le geste de jeter des galets à la mer."
J.Salter, Un bonheur parfait.