lundi 28 mars 2011

Vie de Pacha (4) Maternité

Roubaix, mars 2011.
Cet après-midi-là la chatte nerveuse tournait. Son gros ventre agité de soubresauts violents. On ne savait quel coin elle choisirait mais la petite avait dit, "ce sera dans mon lit". De retour d'un goûter d'anniversaire, sur le chemin elle chantait et s'impatientait. "Peut être que, maman?". Elle est montée quatre à quatre, les mollets durs. Et puis toute la maison a résonné d'un cri d'enfant au comble de la joie. Elle a sauté sur son lit, tendu la menotte, excitée à mourir, appelé tous ses cousins, posé mille questions, raconté dix fois le moment de la découverte, l'instant précis où elle les avait vus, grouillant sous la chatte, mimé la scène pour la revivre encore. Moment magique. Toucher du doigt le mystère de la vie...

mardi 22 mars 2011

matin brun

Var, février 2011.
C'est une nouvelle de F.Pavloff déjà citée ici, lors d'une précédente élection où le parti version bleu marine faisait déjà la "une". Combien de temps encore? Combien de temps encore avant que les autres couleurs ne comprennent qu'on ne peut se satisfaire de l'abstention et que tous les fronts républicains, un jour ne serviront plus à rien? On peut bien pousser des cris d'orfraie et arracher les affiches. Vote d'adhésion? Vote de protestation ? Banalisation de thèses xénophobes, sécuritaires, populistes ? Désespérance, sentiment d'exclusion et de précarité ? Sans doute un peu de tout cela. Mais glissement aussi. Insidieux. Combien d'anciens électeurs de gauche ? Combien de déçus ? Combien de désorientés ? Déchirements internes, absence de lisibilité, violence symbolique et sociale, destruction des services publics, surenchère sécuritaire, mise en scène de faits divers et de boucs émissaires, absence de projet. Dans combien de temps un projet digne de ce nom, réaliste, cohérent, porteur d'espoir et de valeurs à gauche ? On parle encore un peu du procès de Chirac, en attendant les gars de la marine à l'assemblée ? Attention au mal de mer...

lundi 21 mars 2011

Chemin de croix




Eglise N.D des anges, Mars 2011.
Les voix de Sonya Yoncheva (soprano), Nora Gubisch (mezzo), Daniele Zanfardino (tenor) et Christian Helmer (baryton-basse), sous la Direction musicale de Jean Claude Malgoire, le Stabat mater dolorosa de Rossini est peut être la plus sombre de toutes les versions musicales de la séquence, que l'âge médiéval ait laissé à la postérité. Douleur, compassion, poème sacré, à réécouter pour qui veut toucher du coeur ce qu'est un chemin de croix. Triste, lourd, poème de la passion. Du romantique de plomb chez Rossini. Pour ma part, j'avoue préférer la version de Pergolese ou de Boccherini. Souffrir, oui, mais un peu de langueur italienne s'il vous plaît...



dimanche 20 mars 2011

le promeneur du dimanche




Cannes, février 2011.





Il est âgé maintenant et chaque dimanche il revient sur ses pas. Il porte la veste trois quarts de ceux de son âge et il longe la croisette à l' infini, la tête sous le chapeau. Combien de temps déjà ? Qu'il arpente le bitume au milieu des gosses qui l'évitent. Tous les dimanche. Revenir. Marcher encore perdu dans ses pensées. Ses semelles de cuir gémissent en un bruit familier. L'air embaume les prémisses du printemps et la lumière vive le happe. Autour de lui les badauds s'égayent. Sur les bancs, des mères lorgnent le petit dernier. De jeunes couples s'enlacent à l'ombre des platanes, il peut entendre parfois le murmure doux de leurs ébats heureux. Il essaie de ne pas penser. Mettre un pied devant l'autre. Et puis encore un. Parfois il s'assoit et les pigeons viennent en gonflant le cou. Il fixe leur oeil. La paupière plissée, la prunelle insondable. Le balancement de leur marche bizarre dans les quignons de pain. Il observe ses mains. Les paumes ouvertes. Vides. Tachées. Avec le temps elles semblent s'être repliées et vivent rivées l'une à l'autre sans même qu'il s'en rende compte, dans son dos. Comme pour l'aider à avancer. Des témoins d'une autre époque. Il y a bien longtemps, elles le précédaient. Elles tenaient l'archer et prolongeaient ses bras pour embrasser la vie. Aujourd'hui elles touchent le banc vermoulu, l'effleurent du bout des doigts. Réminiscence. Frisson. Tendu des épaules aux reins sous la gabardine. Les sensations affluent, par vagues. Il plonge en lui comme un oiseau mort et la lumière du ciel l'envahit un court instant. Ce moment-là, la douceur du jour qui décline, l'épaule découverte en éclipse, le voile fleuri de sa jupe, les mains vives, les mains douces, affolées, qui courent pour saisir un genou rond et le rire chatoyant qui embrasse tout l'espace. Il se perd dans ce rire chaud, sous le manteau le coeur lui fend. Alors il ramène ses deux mains sur sa poitrine et s'oblige à respirer lentement. Il a froid. Il se lève et marche mécaniquement, le regard masqué sous ses lunettes embuées, le dos voûté, la mine grise de ceux qui sont restés bloqués ailleurs. Sur ses pas, un autre homme lui fait de l'ombre. Il voudrait bien lui échapper. Dans son dos, ses mains nouées tressaillent. Il faut rentrer.

jeudi 17 mars 2011

décalé


Le monde va mal, on se fait harakiri tout de suite (version Kobayashi ou Fritz Lang) ? ou bien on peut aussi contempler les épaules, la voix, les yeux de Rita et fermer les yeux quelques instants...

samedi 12 mars 2011

mercredi 9 mars 2011

retraite

Dunkerque, Mars 2011.


Au loin on pouvait peut être entendre encore les flonflons de la foule bigarrée. La fête qui s'égosille, s'époumone, éructe un trop plein aux relents de bière et d'amertume. Des masques de clowns chamarrés aux grandes bouches dessinées avalent l'air venu du large. Le vent en transporte l'écho. Presque jusque là.


A quai dans la friche, une coque de bois immobile attend la fin du jour.

derrière la vitre

Dunkerque, le carnaval, mars 2011.

mardi 8 mars 2011

douleur de femme


"Notre corps nous appartient". 1967, 1971,1975 l'histoire de l'émancipation des femmes françaises passe d'abord par le droit à la contraception et à l'avortement. Si les femmes ont gagné ce droit à la maternité choisie, loin s'en faut de l'égalité dans le travail et dans le couple. Mais la domination masculine dont Bourdieu décrypte les mécanismes en passant par le détour de la société kabyle, s'exerce encore partout et chaque jour d'une manière directe et brutale, et ce, dans toutes les cultures et tous les milieux sociaux. Fléau mondial dénoncé par l'ONU sous l'égide de Kofi Annan en 2006, une femme sur trois dans le monde est victime de violences conjugales au moins une fois dans sa vie. A revoir en ce moment sur Arte, le très beau film des Trintignant, mère et fille, Victoire ou la douleur des femmes. Titre prophétique pour Marie Trintignant qui succomba à la violence d'un compagnon jaloux et saôul . Le slogan des années 1970 pour la liberté à disposer de son corps, si les résonances en ont changé, n'en fait pas moins écho multiple et douloureux.

dimanche 6 mars 2011

la vie en rose

Cabris, février 2011.

Poésie des rues, comme une déclaration à la volée... et cet air-là...qui reste en tête...

vendredi 4 mars 2011

Vacance

Auribeault, février 2011.

jeudi 3 mars 2011

mardi 1 mars 2011