mercredi 30 septembre 2009

Tête en l'air

Au dessus des nuages, Septembre 2009.
Tiens, on va voir s'il y en a qui suivent un peu...
Alors, qui reconnaît cette photo? Et comment peut-on voir les nuages en dessous de soi... ?
Bon, à propos de ciels et d'amoureux des nuages, je vous recommande un petit coup d'aile de ce côté-ci.

mardi 29 septembre 2009

être au supplice

Eglise Saint Maurice des champs, détail, septembre 2009.

lundi 28 septembre 2009

samedi 26 septembre 2009

drôle de drame



Roubaix, quartier de l'Epeule, Juin 2009.
Participation au grand jeu concours d'enseignes surpenantes. Je ne sais pas s'il faut le classer dans la catégorie "amusant" ou "à pleurer", vous me direz ce que vous en pensez...
Une légende peut être : Point de sentiments. On liquide tout, le carosse, la citrouille et la princesse avec. Les contes de fée, c'est fait pour les enfants. Les grands, eux, font les soldes.

vendredi 25 septembre 2009

Que faire ?

"La seule question qui vaille : "Que faire?" Quand mon corps me martèle jusqu'à l'obsession ce mantra de l'angoisse - "Que faire ?" - je lui réponds : " Partir ! " pour le calmer. Partir pour refroidir les chaudières intérieures. En plus de freiner la course des instants, le voyage apaise les constitutions soumises à la pression d'un trop plein d'énergie. Pour ceux qui craignent de tourner en rond, il y a la solution de s'engouffrer droit devant soi, de se lancer à l'aventure, et de trouver la paix, en battant les chemins.
Les grands voyageurs de l'Histoire, au même titre que le menu fretin cavalant sur les routes et que les dévoreurs d'horizon qui fauchent les étapes comme on bûcheronne une futaie, ne cherchent peut être qu'à éteindre l'incendie en eux. Alexandre, Marco, Gengis et tous leurs descendants - illustres découvreurs ou pèlerins anonymes - sont les pompiers de leurs âmes en fusion."
(...)
"...réenchanter le monde qui nous entoure : il suffit de savoir le regarder avec de nouveaux yeux, rafraîchis par la certitude shakespearienne qu'"il est plus de merveilles en ce monde que n'en peuvent contenir tous nos rêves", de partir rencontrer les dieux dans sa forêt intérieure, de lâcher les chevaux de son imagination. Antique pratique que cette double lecture du monde consistant à féconder du regard les choses qui reposent sous nos yeux."
Sylvain Tesson, "Petit traité sur l'immensité du monde".

jeudi 24 septembre 2009

ecclesia

Lille, septembre 2009.

Prolifération des églises et des croyances.
Credo ergo sum. Desarroi de l'Homme sans Dieu.

mercredi 23 septembre 2009

une parole ?



"J'ai souvent éprouvé un sentiment d'inquiétude, à des carrefours. Il me semble dans ces moments qu'en ce lieu ou presque : là, à deux pas sur la voie que je n'ai pas prise et dont déjà je m'éloigne, oui, c'est là que s'ouvrait un pays d'essence plus haute, où j'aurais pu aller vivre et que désormais j'ai perdu. Pourtant rien n'indiquait ni même ne suggérait, à l'instant du choix, qu'il me fallût m'engager sur cette autre route. J'ai pu la suivre des yeux, souvent, et vérifier qu'elle n'allait pas à une terre nouvelle. Mais cela ne m'apaise pas, car je sais aussi que l'autre pays ne serait pas remarquable par des aspects inimaginés des monuments ou du sol. Ce n'est pas mon goût de rêver de couleurs et de formes inconnues, ni d'un dépassement de la beauté de ce monde. J'aime la terre, ce que je vois me comble, et il m'arrive même de croire que la ligne pure des cimes, la majesté des arbres, la vivacité du mouvement de l'eau au fond d'un ravin, la grâce d'une façade d'église, puisqu'elles sont si intenses, en des régions, à des heures, ne peuvent qu'avoir été voulues, et pour notre bien. Cette harmonie a un sens, ces paysages et ces espèces sont, figés encore, enchantés peut être, une parole, il ne s'agit que de regarder et d'écouter avec force pour que l'absolu se déclare, au bout de nos errements. Ici, dans cette promesse, est donc le lieu."

Yves Bonnefoy, l'Arrière-pays.

mardi 22 septembre 2009

Doigts de fée


Lilas, mains, septembre 2009.

Avec des mains et des couleurs, on peut réinventer le monde. On peut. On peut dire ce qu'on sent, ce qui vibre, ce qui bat. On peut se dresser et oser une parole à soi et réfuter le laid. Avec des mains et des couleurs, avec des yeux pour regarder, pour vouloir, on peut planter dans ceux des autres des envies et des joies et donner vie à ce qu'on voit. Soi. Contre toute cette limaille de l'habitude et du paraître et du monde tel qu'il s'impose, de la réalité qui broie.
Avec des mains et des couleurs, avec un coeur qui bat, contre tout ce qui poisse et obscurcit la vue, ce qui fatigue le corps et rétrécit l'esprit, on peut donner de la lumière, repousser les frontières, donner force à des sources, faire entendre une voix. On peut.
Avec des mains, des couleurs, avec des mots pour énoncer le monde, on peut alléger l'âme. Un peu.

lundi 21 septembre 2009

Graffiti

mur d'un lycée professionnel du bassin minier, septembre 2009.

samedi 19 septembre 2009

Les mots pour le dire

Rome, avril 2008.

A toutes les époques de la vie, savoir les trouver.

"Le temps s'en va, le temps s'en va, ma Dame,

Las ! le temps non, mais nous, nous en allons,

Et tôt serons étendus sous la lame ;

Et des amours desquelles nous parlons,

Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle ;

Pour ce, aimez-moi cependant qu'êtes belle. "

Ronsard, "Je vous envoie un bouquet"

vendredi 18 septembre 2009

Prendre la pause

Rome, campo dei fiori, avril 2008.

Celle-ci n'aurait pas déplu au regretté Willy...

jeudi 17 septembre 2009

23 étrangers



Le rouge à l'honneur. Un film, de Robert Guédiguian, l'armée du crime, consacré au groupe cosmopolite dirigé par Missak Manouchian. Et puis le "Missak" de Daenincks, dans la rentrée littéraire. Un battage médiatique important, c'est inquiétant. L'époque si lisse et correcte a besoin de figures de proue pour raviver ses couleurs passées? ou bien les bleus sont si sûrs d'eux qu'ils ne cillent même pas...? Je ne sais. Toujours est-il, que le film de Guédiguian est beau, sonne cette fois juste (on ne pouvait pas en dire autant du précédent consacré au personnage de Mitterrand) et est remarquablement interprété. Enfin, un vrai hommage au grand poète arménien qui laissa à sa jeune femme Mélinée une ultime lettre sobre et splendide, à l'image de ce que l'homme avait voulu être, un amoureux de la vie et de la liberté. Aragon l'a exhumée et lui a donné forme nouvelle, Ferré l'a chantée. Dans le Paris des années 40, cette affiche placardée par ordre du ministre de la propagande exhibait les visages "hirsutes" de ces "étrangers" "terroristes, menaçants", ces communautés agissantes ennemies des patriotes qui empêchaient les vrais français de vivre paisiblement sous l'ordre pétainiste. On se demande bien pourquoi de tels propos résonnent encore aujourd'hui si familièrement à nos oreilles.


Vous aviez vos portraits sur les murs de nos villes
Noirs de barbe et de nuit hirsutes menaçants
L'affiche qui semblait une tache de sang
Parce qu'à prononcer vos noms sont difficiles
Y cherchait un effet de peur sur les passants

Nul ne semblait vous voir Français de préférence
Les gens allaient sans yeux pour vous le jour durant
Mais à l'heure du couvre-feu des doigts errants
Avaient écrit sous vos photos MORTS POUR LA FRANCE
Et les mornes matins en étaient différents.(...)

Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses
Quand tout sera fini plus tard en Erivan
Un grand soleil d'hiver éclaire la colline
Que la nature est belle et que le coeur me fend
La justice viendra sur nos pas triomphants
Ma Mélinée ô mon amour mon orpheline
Et je te dis de vivre et d'avoir un enfant. (...)

Aragon, Strophes pour se souvenir.

mercredi 16 septembre 2009

Jouer avec le feu

Braderie de Lille, septembre 2009.

... au risque du bûcher... comme Jeanne, ou de la chute comme Icare.
Non tantum...
sed etiam...

mardi 15 septembre 2009

Ô rage

Gluiras, Ardèche, août 2009.

Petit cadeau du matin : le ciel est par dessus le toît, pas toujours si bleu, mais souvent si incroyable...ne pas hésiter à s'y réfugier plusieurs fois par jour... Aië aië aië, que faisons nous de notre jeunesse...?

lundi 14 septembre 2009

En regard



"Tu ne sais probablement rien du tout de ce que à quoi ton dos peut ressembler, quoi que le ciel puisse contenir : le soleil, ou le lever de la lune. C'est là que je repose. Ma main, mes yeux, ma bouche. la première fois que je le vois, tu es en train de nourrir le feu avec un soufflet. Le brillant de l'eau glisse le long de ta colonne vertébrale et je me choque moi-même de me rendre compte que je voudrais bien la lécher. Je cours me réfugier dans l'étable pour tenter d'arrêter ce qui se produit en moi. Rien n'y fait. Il n'y a que toi. Rien en dehors de toi. Mes yeux et non mon estomac sont la partie affamée de mon être. Il n'y aura jamais assez de temps pour regarder comment tu bouges. Ton bras se lève pour frapper le fer. Tu te baisses sur un genou. Tu te penches. Tu t'arrêtes pour verser de l'eau, tout d'abord sur le fer et ensuite dans ta gorge. Mais avant que tu saches que je fais partie de ce monde, je suis déjà tuée par toi. Ma bouche est ouverte, mes jambes sont molles et mon coeur est tendu à se rompre.

La nuit vient et je vole une chandelle. Je porte une braise dans un bol pour l'allumer. Pour voir davantage de toi. Lorsque c'est allumé je protège la flamme de ma main. Je te regarde dormir. Je regarde trop longtemps. Je suis imprudente. La flamme me brûle la paume. Je pense que si tu te réveilles et que tu me vois te regarder, je vais mourir. Je m'enfuis en courant, ne sachant pas alors que tu me vois bien te regarder. Et lorsqu'enfin nos regards se rencontrent, je ne meurs pas. Pour la première fois je suis en vie."

T. Morrison, un don.

dimanche 13 septembre 2009

The dream lives on

Lille 3000, le tri postal, mai 2009.


THE WHITE HOUSE
Office of the Press Secretary
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FOR IMMEDIATE RELEASE
September 9, 2009
Below is the text of the letter from Senator Edward M. Kennedy referenced by the President in tonight’s address to a Joint Session of Congress.


May 12, 2009



Dear Mr. President,


I wanted to write a few final words to you to express my gratitude for your repeated personal kindnesses to me – and one last time, to salute your leadership in giving our country back its future and its truth.

On a personal level, you and Michelle reached out to Vicki, to our family and me in so many different ways. You helped to make these difficult months a happy time in my life.
You also made it a time of hope for me and for our country.

When I thought of all the years, all the battles, and all the memories of my long public life, I felt confident in these closing days that while I will not be there when it happens, you will be the President who at long last signs into law the health care reform that is the great unfinished business of our society. For me, this cause stretched across decades; it has been disappointed, but never finally defeated. It was the cause of my life. And in the past year, the prospect of victory sustained me-and the work of achieving it summoned my energy and determination.

There will be struggles – there always have been – and they are already underway again. But as we moved forward in these months, I learned that you will not yield to calls to retreat - that you will stay with the cause until it is won. I saw your conviction that the time is now and witnessed your unwavering commitment and understanding that health care is a decisive issue for our future prosperity. But you have also reminded all of us that it concerns more than material things; that what we face is above all a moral issue; that at stake are not just the details of policy, but fundamental principles of social justice and the character of our country.

And so because of your vision and resolve, I came to believe that soon, very soon, affordable health coverage will be available to all, in an America where the state of a family’s health will never again depend on the amount of a family’s wealth. And while I will not see the victory, I was able to look forward and know that we will – yes, we will – fulfill the promise of health care in America as a right and not a privilege.

In closing, let me say again how proud I was to be part of your campaign- and proud as well to play a part in the early months of a new era of high purpose and achievement. I entered public life with a young President who inspired a generation and the world. It gives me great hope that as I leave, another young President inspires another generation and once more on America’s behalf inspires the entire world.
So, I wrote this to thank you one last time as a friend- and to stand with you one last time for change and the America we can become.
At the Denver Convention where you were nominated, I said the dream lives on.
And I finished this letter with unshakable faith that the dream will be fulfilled for this generation, and preserved and enlarged for generations to come.
With deep respect and abiding affection,
[Ted]

vendredi 11 septembre 2009

bas les masques!



Tiens, si on parlait un peu de la grippe A? Ca faisait longtemps, depuis la grippe aviaire... et puis H5N1 a muté trop vite, il y a plein de vaccins à écouler. Ah un bon petit virus bien virulent, rien de tel pour vous assagir une population... Peur sur la ville, lavez vous les mains, n'embrassez plus vos enfants, ni qui que ce soit d'ailleurs, méfiez vous les uns des autres, à côtoyer les autres d'un peu trop près, on risque la contamination. Ne leur parlez pas, c'est plus simple. Allez hop, repli sur soi, chacun dans sa bulle c'est la seule manière de sauver l'Humanité. Beaucoup plus important que de réformer le système de protection sociale aux Etats Unis...prend des risques le Barack, veut la jouer social, ira pas loin l'animal, on a cloué le bec à d'autres avant lui. Les caquetages vont bon train dans la basse cour, on va lui voler dans les plumes ça l'apprendra à faire le coq...

mercredi 9 septembre 2009

le troubadour

Braderie de Lille, septembre 2009.
Croisé ce troubadour qui m'a dit tantôt "ne me regardez pas comme ça, vous me troublez."

Il chantait pour les badauds dans la lumière de Septembre. Et à ses côtés, tous ceux qui, dans l'épaisseur du temps, auraient pu fredonner comme un peuple d'amoureux perdus, serrés les uns contre les autres, dans un même souffle.
Une onde de bonheur a parcouru la foule
qui

" croit toujours aux doux mots d'amour quand ils sont dits avec les yeux"
pauvre fool, trop sentimentale.

Lucienne Deyle chante, 1942.

mardi 8 septembre 2009

galoper

"Et puis, dans ces vies, j'ai trop couru. Jamais le temps, comme les boutiquiers derrière moi dans le compartiment, qui s'affairent pour la nuit en papotant. Il fallait gagner sa place, travailler, étudier, mériter ses galons. Toujours poussé par des nécessités bouffonnes dans le flot de la foule, sans cesse aller, cavaler, vite, plus vite. La société toute entière accélère encore cette galopade insensée. Dans notre folie de bruit et d'urgence, qui trouve encore le temps de descendre de sa machine pour saluer l'étranger? J'ai faim, dans cette troisième vie, de lenteurs et de silences. De m'arrêter pour un regard bordé de khôl, un mollet de femme qui se dévoile, une plaine brumeuse noyée de songes. Pour manger un bout de pain et de fromage, le cul dans l'herbe, le nez au vent. (...) Assez de voir des civilisations en boîte et de la culture sous serre. Mon musée à moi, ce sont les chemins, les hommes qui les empruntent, les places de village, et une soupe, attablé avec des inconnus."

B.Ollivier, Longue marche

lundi 7 septembre 2009

assurance vie

Romainville, août 2009.

Des jours où il faudrait une bonne assurance - vie ...

samedi 5 septembre 2009

On brade

braderie de Dunkerque, mai 2009.

Toutes ces vies exposées, proposées, recyclées. Comme un immense déballage, un constat d'usure, un espoir de renaître, ailleurs, dans les mains d'un autre.
Ca rendrait presque triste, au fond. Et sur le thème, on ne peut faire autrement que d'écouter cela. Et puis relire, aussi, Les choses, de Perec. Et puis penser, à ce qu'on fera de toutes ces choses, un jour...

vendredi 4 septembre 2009

retranchement

Gluiras, Ardèche, août 2009.

Parfois, pour avoir la paix, il faut adopter des décisions radicales...

jeudi 3 septembre 2009

élévation


Gluiras, Ardèche, août 2009.

Il est des jours où il est préférable de lever les yeux au ciel...


"(...)Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor(...)"

Baudelaire, élévation.

mardi 1 septembre 2009

Battle dress !

Jeanne d'Arc, Orléans, août 2009.

" Now the flames they followed joan of arc
As she came riding through the dark;
No moon to keep her armour bright,
No man to get her through this very smoky night.

She said, I’m tired of the war,
I want the kind of work I had before,
A wedding dress or something white
To wear upon my swollen appetite.

Well, I’m glad to hear you talk this way,
You know I’ve watched you riding every day
And something in me yearns to win
Such a cold and lonesome heroine.

And who are you? she sternly spoke
To the one beneath the smoke.
Why, I’m fire, he replied,
And I love your solitude,
I love your pride.

Then fire, make your body cold,
I’m going to give you mine to hold,
Saying this she climbed inside
To be his one, to be his only bride.

And deep into his fiery heart
He took the dust of joan of arc,
And high above the wedding guests
He hung the ashes of her wedding dress.

It was deep into his fiery heart
He took the dust of joan of arc,
And then she clearly understood
If he was fire, oh then she must be wood.

I saw her wince, I saw her cry,
I saw the glory in her eye.
Myself I long for love and light,
But must it come so cruel, and oh so bright? "
Leonard Coen, Joan of Arc