"- N'est-ce pas là tout le problème, Chris? Tu cherchais désespérément, maladivement, ce quelque chose ailleurs, toujours ailleurs, chez autrui, chez les femmes, plutôt que d'accepter que le seul havre que tu pourrais jamais trouver était en toi-même?
- Et le paradis alors! - j'insiste. J'ai toujours pensé que le paradis était le seul véritable accomplissement auquel nous pouvions aspirer : je veux dire : cette chose qui nous comble, qui nous apporte la complétude...or le propre du paradis est de n'être jamais là, d'être toujours ailleurs.
- Ce genre de paradis n'appartient pas à la réalité, ce ne peut être qu'un rêve, une illusion.
- Tu ne crois pas que les rêves soient pertinents et indispensables ?
- Ca dépend encore de l'endroit où on les cherche : en nous ou à l'extérieur.
- Je ne suis pas certain que la distinction soit capitale. Tant que nous sommes d'accord que le paradis est nécessaire. Aussi nécessaire que le fait qu'on ne peut jamais l'atteindre. Nous n'y pensons pas depuis un instant qu'il nous échappe...parce qu'il ne peut durer plus d'un instant. "
André Brink, L'amour et l'oubli.
vendredi 30 octobre 2009
mercredi 28 octobre 2009
lundi 26 octobre 2009
dimanche 25 octobre 2009
samedi 24 octobre 2009
mercredi 21 octobre 2009
lundi 19 octobre 2009
arabesque
Descendre aux enfers, monter aux cieux, pas si simple de choisir la bonne échelle...
samedi 17 octobre 2009
vendredi 16 octobre 2009
Sur un nuage
Y a des jours comme cela, ou quoi que l'on fasse, on n'arrive pas à se connecter à la réalité. Ahh, diable de rêverie... on est avec Billie, sur un petit ou gros nuage, ici ou là.
jeudi 15 octobre 2009
meday...meday!
mercredi 14 octobre 2009
question d'échelle
Descendre les marches pas à pas ? ou bien se jeter à l'eau ?
Jamais facile de trancher... Spontanément, j'opte bien souvent pour la 2ème formule. Mais il faut bien se réceptionner parce que sinon, on se fait méchamment mal. Ben oui, mais avoir la patience de descendre chaque marche, c'est comment dire... parfois insupportable ! Et vous, dans la vie, plutôt fonceur ou prudent...?
mardi 13 octobre 2009
Dans l'ombre
L'identité. Etre là. Etre avec toi. Mettre au monde. Regarder le monde. Observer les ombres. Se tenir dans l'ombre. Lâcher la proie pour l'ombre... Etre l'ombre de soi-même. N'être plus qu'une ombre. Se promener sous le soleil avec son ombre comme une image en négatif de soi, cousue à ses pas comme dans le conte de Chamisso ou bien dans Peter Pan... Et si nos ombres pouvaient parler, que diraient elles de nos vies qu'elles suivent ou précèdent en silence, comme des amies, observatrices attentives de nos vies décousues, de nos vies matérielles. Et si l'ombre disait le corps et l'humanité? Si l'ombre disait l'âme? Tiens, la voici. Je te la donne.
lundi 12 octobre 2009
De l'amour et de la liberté
"Je persiste : "Pour moi, il y a chez Don Juan une espèce de courage absurde. Ce pourrait être un héros de Camus, Mozart le comprenait parfaitement.(...)
Georges dodeline de la tête. S'il sourit encore, son regard trahit une profonde gravité. "Je ne crois pas que Don Giovanni" traite de l'amour. Mais de la liberté.
- Là, tu éludes la question. (...)
- Pourquoi entonneraient-ils, sinon, viva la libertà? Pour moi, c'est la clef de l'oeuvre. D'ailleurs, si on écoute attentivement, on entend la façon dont Mozart anticipe cette scène dans toutes les précédentes et comment il ne cesse de revenir jusqu'à la fin de l'oeuvre.
-A la toute fin, l'interromps-tu, Don Juan descend en enfer. Comme royaume de liberté, il y a mieux...
-Sauf si l'on considère que la liberté est justement de pouvoir choisir d'aller en enfer, et qu'il choisit d'y aller librement. Ce en quoi il finit par affirmer sa noblesse contrairement au pauvre Leporello, dont l'unique choix consiste à devoir se trouver un nouveau maître.
-Mais on ne peut tout de même pas dire qu'il n'est pas question d'amour dans Don Giovanni, tout de même! m'exclamé-je.
-Bien sûr que non. Mais pour Mozart, l'amour n'est que le test crucial. Afin de déterminer si un être est vraiment libre.
-Est-ce que tout doit se terminer en enfer? demandes-tu. C'est une vision très sombre de l'amour.
-Tout à fait. Mais ne trouves-tu pas que l'amour a quelque chose de sombre, fondamentalement ? dit George.
- Je croyais (je le taquine) que c'était toi qui plus tôt, te faisais l'avocat de la lumière!"
A son tour de lâcher : "Touché!" Mais il ajoute : "Peut-être, en fin de compte, n'y a t'il pas une grande différence entre la lumière et les ténèbres. Le problème, c'est notre façon de voir."
André Brink, in L'amour et l'oubli.
dimanche 11 octobre 2009
à propos des étoiles...
"Il faut un chaos intérieur pour donner naissance à une étoile dansante" Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, chap 1.
samedi 10 octobre 2009
Gravir les marches
Elle joue dans l'innocence de ce qu'elle n'est pas. Elle joue sur la pierre brute, la chair de ses genoux bruns tremble, comme animée de ma crainte de la voir chuter. Elle joue dans le vent mouillé. La flaque éclabousse son pied nu. Elle rit. Ouvre de grands yeux mauves avant d'enjamber la marche. Et me tourne le dos avant de s'éloigner, petit point jaune à l'orée d'une ruelle en fleurs, silhouette en ciré sous la lumière cauchoise. Puis disparaît dans les plis de la fenêtre embuée. Et la voici, éloignée déjà. Loin de ma vue.
Si près, si loin.
vendredi 9 octobre 2009
Normand
jeudi 8 octobre 2009
Shame
Tiens, vous savez pas quoi ? L'expérimentation décoiffe dans l'Education Nationale. On travaille les sources de motivation. Dans un lycée professionnel de Bobigny, si les élèves sont assidus, ils se constituent une cagnotte pour passer le permis de conduire ou pour partir en voyage. Dans un autre à Marseille, s'ils viennent régulièrement en cours, ils auront des billets pour les match de l'OM. On n'arrête pas le progrès ni l'innovation pédagogique! A quand des shows d'enseignants en tenue légère, des match de catch, des cours façon jeux télévisés où on peut gagner des millions en répondant à des QCM pour animaux décérébrés ? On ne sait jamais, ça pourrait attirer l'attention du public...et puis comme cela, entre les medias et la nouvelle école, il ne sera pas trop dépaysé le public. Biberonné au zapping, au spectacle, à l'absence de sens, bien drivé pour consommer sans prise de tête. Quand même! Si un élève arrive à supporter un enseignant qui lui parle toute la journée de choses complètement dépassées qui n'ont aucun rapport avec sa productivité future, ou sa capacité à s'insérer dans une entreprise, il est justifié qu'il soit rétribué pour cet effort, non? La preuve, c'est qu'actuellement, l'absentéisme atteint des taux records, on n'arrive plus à contraindre les élèves à s'ennuyer sur un banc. Rien à voir avec l'orientation tout cela, rien à voir avec les choix, la sélection, les voies de garage où l'on "oriente" des mômes bien malgré eux. Rien à voir avec l'absence de mobilité dans les milieux les plus fragiles socialement. Rien à voir avec les ghettos, la même soupe pour tout le monde, l'échec, la dévalorisation, l'exclusion... Non, l'absentéisme a trouvé son remède : l'école était ennuyeuse, vraiment trop différente de la vie réelle, vous savez celle dans laquelle l'Homme est un loup pour l'Homme, où tous les coups sont permis, où l'on zappe à tout va d'une proposition commerciale à une autre. Eh bien désormais on reconnaît officiellement qu'il y a du mérite à faire l' effort de la fréquenter. Mieux, on le récompense en espèces sonnantes et trébuchantes.
Tiens, on pourrait proposer un nouveau slogan pour promouvoir cette expérimentation décoiffante : "L'école te paie, parce que tu le vaux bien !" Le nouveau vacher qui mène le mammouth devrait en toute logique y être sensible...
mercredi 7 octobre 2009
mardi 6 octobre 2009
Ciel en Manche

Puisque cela vous plaît, je ne vois aucune raison de nous priver...
D'ailleurs, de manière générale, je déteste me priver de ce qui me plaît. A bon entendeur...
lundi 5 octobre 2009
Octobre gris
samedi 3 octobre 2009
"Soit, n'y pensons plus! dit-elle, Depuis j'y pense toujours..."
Je ne songeais pas à Rose
Rose au bois vint avec moi
Nous parlions de quelque chose
Mais je ne sais plus de quoi
J'étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres ;
Son œil semblait dire : « Après ? »
Moi, seize ans, et l'air morose ;
Elle vingt ; ses yeux brillaient
Les rossignols chantaient Rose,
Et les merles me sifflaient. Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches ;
Je ne vis pas son bras blanc.
Une eau courait, fraîche et creuse
Sur les mousses de velours
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds
Rose défit sa chaussure
Et mit d'un air ingénu
Son joli pied dans l'eau pure
Je ne vis pas son pied nu
Je ne songeais pas à Rose
Rose au bois vint avec moi
Nous parlions de quelque chose
Mais je ne sais plus de quoi
Je ne savais que lui dire
Je la suivais dans le bois
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois
Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds
- Soit, n'y pensons plus ! Dit-elle
Depuis, j'y pense toujours
Victor Hugo, Vieille chanson du jeune temps.
vendredi 2 octobre 2009
Inscription à :
Articles (Atom)